Citations

«On peut aimer que le sens du mot “art” soit tenter de donner conscience à des hommes de la grandeur qu’ils ignorent en eux.»André Malraux, Préface du Temps du mépris (1935),
dans Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. I, p. 776

«Quelque lié qu’il soit à la civilisation où il naît, l’art la déborde souvent – la transcende peut-être… – comme s’il faisait appel à des pouvoirs qu’elle ignore, à une inaccessible totalité de l’homme.»André Malraux, Les Voix du silence (1951),
dans Écrits sur l’art I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 880

«Chacun des chefs-d’œuvre est une purification du monde, mais leur leçon commune est celle de leur existence, et la victoire de chaque artiste sur sa servitude rejoint, dans un immense déploiement, celle de l’art sur le destin de l’humanité. L’art est un anti-destin.»André Malraux, Les Voix du silence (1951),
dans Écrits sur l’art I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 897

«Derrière les ténèbres hérissées de pinces d’insectes du monde démoniaque, la puissance saturnienne de l’informe; derrière le Musée imaginaire et l’immense cortège d’ombres des oeuvres perdues, la puissance formatrice que les oeuvres révèlent et qui les déborde, la puissance qui marque tout ce qui, sur la terre, s’appelle humain.»André Malraux, La Statuaire (1952),
dans Écrits sur l’art I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 1029

«Il n’est qu’un acte sur lequel ne prévale ni la négligence des constellations ni le murmure éternel des fleuves: c’est l’acte par lequel l’homme arrache quelque chose à la mort.»André Malraux, Discours pour sauver les monuments de Haute-Égypte (1960),
dans Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, t. III, p. 929

«Pour le spectateur indifférent à la sculpture, une tête de Gudéa est d’autant plus réussie qu’elle ressemble davantage à celles des vivants; pour l’artiste, elle est d’autant plus présente qu’elle appartient davantage à un autre monde, où elle s’unit aux têtes de Chartres et d’Angkor, du Bénin et de l’Acropole.»André Malraux, L’Intemporel (1976),
dans Écrits sur l’art II, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 784

«Il faut que le monde ait un sens, pour que ce sens assume la souffrance, le Mal, fût-ce en tant que mystère. (Mais le sacrifice est-il moins mystère que le Mal?)»André Malraux, L’Homme précaire et la Littérature (1977),
dans Essais, Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, Gallimard, t. VI, p. 923

«La mort est un mystère invincible; la vie, un mystère insolite.»André Malraux, L’Homme précaire et la Littérature (1977),
dans Essais, Œuvres complètes, Bibl. de la Pléiade, Gallimard, t. VI, p. 923