André Malraux un homme dans la culture de son époque

André MalrauxAndré Malraux

André Malraux fut, selon les termes de Roger Caillois, «un écrivain ouvert au monde comme rarement il y en eut». Né à Paris en 1901, attiré très tôt par l’Asie, il fit, dans les années vingt, plusieurs séjours au Cambodge et au Vietnam, plus tard en Inde et au Japon.

 

Ses romans témoignent de ses engagements politiques, depuis Les Conquérants (1928) jusqu’à L’Espoir (1937). Dans le dernier d’entre eux, Les Noyers de l’Altenburg (1948), il s’interroge sur la guerre, la mort, la fraternité, sur la création artistique et “la notion d’homme”.

 

En 1944, à la tête de la Brigade Alsace-Lorraine, Malraux combattit notamment dans les Vosges et en Alsace.

 

Ministre du général de Gaulle une première fois en 1945, il créa en 1959 le ministère des Affaires culturelles dont il assuma la charge jusqu’en 1969. Ses Antimémoires parurent en 1967.

 

Passionné par les formes et leurs métamorphoses, Malraux fit paraître en 1947 Le Musée imaginaire. Dès lors, il ne cessa plus de s’interroger sur la création artistique: dans Saturne (1950) sur Goya; dans les trois volumes de La Métamorphose des dieux (1957-1976), sur l’art de Sumer, de l’Inde et de la Grèce, sur les arts roman et gothique, puis sur l’art italien des XVe-XVIe siècles, sur Rembrandt, sur Manet et l’art moderne, sur l’art de l’Extrême-Orient, la sculpture africaine et l’art des malades mentaux; dans La Tête d’obsidienne (1974), sur Picasso et le Musée imaginaire. Sa dernière interrogation eut pour objet la littérature; c’est à elle qu’il a consacré son dernier livre intitulé L’Homme précaire et la Littérature (posthume, 1977).

 

Malraux est mort à l’hôpital Henri-Mondor de Créteil, le 23 novembre 1976.

 

François de Saint-Cheron, maître de conférences en littérature française
à l’université Paris IV-Sorbonne